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Chronique n°1 - La formidable aventure au pays des toilettes pour les PMR

Publié par Marie-Pierre Blanchet

Pour ma première chronique, allons visiter les WC publics pour les personnes en situation de handicap.

Toute une histoire !

La plupart des toilettes publiques pour les PMR n’ont pas de sexe. Je m’explique. Sur la porte, le pictogramme désigne seulement un personnage assis dans un fauteuil roulant. Les concepteurs de ce dessin n’ont pas pensé qu’il pouvait y avoir des femmes et des hommes sur roulettes. Comment pouvons-nous nous soulager sans zigouigoui ? Mystère et boule de gomme !

Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Essayons d’ouvrir ce sanctuaire tant prisé. Poignée activée, la porte reste close. Notre première pensée nous dit que cet endroit d’aisance doit être occupé. Au bout de cinq minutes, montre en main, nous nous impatientons. Petites secousses : personne ne répond. Peut-être qu’un fossile humain est sur le trône ? Grandes secousses : aucun grognement bestial derrière la cloison. Un être humain est-il emprisonné dedans ? Est-il encore en vie ? Ou la pièce est libre mais condamnée à une fermeture définitive ? Nous cherchons alors la clef du mystère. Décidemment les WC publics pour les personnes en situation de handicap regorgent d’énigmes. Jeu de piste improbable : suivre les flèches en quête d’un sésame. On contracte les sphincters et c’est parti. Quand la chance est avec nous, la clef est dans la poche de Dame-pipi. Mais il arrive que le rossignol se soit envolé et le trône demeure le Graal.

Supposons, dorénavant, que la porte ne soit pas fermée à double-tours. La pièce est souvent carrée agrémentée d’un petit lavabo sans miroir. C’est bien connu que les PMR se font peur lorsqu’elles s’admirent. Trêve de plaisanteries, notre envie devient pressante ! Nous positionnons, alors, notre fauteuil roulant pour un transfert optimal sur les toilettes. Jusque-là tout va bien même si nous risquons de rester coincés dans cet espace exigu dû aux normes d’accessibilité avares de superficie. C’est alors que nous remarquons la hauteur de la cuvette… oh mon dieu, encore un échelon à gravir ! Tandis qu’une goutte de sueur perle sur la tempe, que nos bras et jambes flagellent, nous tentons de nous ressaisir devant ce trophée tant désiré. Et hop ! Nos ailes d’ange se déploient : atterrissage réussi. Mais là, nos pieds ne touchent pas terre : le vertige nous prend, nous vacillons. Nous nous agrippons à la barre de sécurité tant bien que mal. Il serait bête de se retrouver les fesses sur le carrelage froid. Phase finale : se concentrer pour avoir une bonne tenue sur ce piédestal tout en se relâchant. Epreuve difficile mais lorsque nous entendons l’eau qui chante dans la cuvette, un sourire béat vient jusqu’à nos oreilles. Mission accomplie !

La descente est aussi épique que la montée. Que d’efforts pour faire un petit pipi ! Moi, je suis une « grignette », mon fauteuil roulant passe presque partout. Mais je m’imagine dans un grand carrosse et avoir une envie pressante… bip bip bip…

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